Le Congo belge, l’ancienne appellation de la République démocratique du Congo durant la colonisation belge (1908-1960).
De 1874 à 1877, l’explorateur britannique Henry Morton Stanley explore le fleuve Congo. Ses récits renforcent l’intérêt croissant des Européens pour l’Afrique, considérée comme une source de richesses. Le roi des Belges Léopold II fonde, en 1876, l’Association internationale africaine (AIA). Mandaté par l’association, qui est dotée, en 1879, d’un pouvoir de souveraineté sur les territoires découverts, Stanley retourne dans le bassin du Congo afin de créer des pôles d’échanges commerciaux et d’établir des relations avec les chefs locaux. L’explorateur, obtenant le soutien de Tippo Tip, un aventurier esclavagiste swahili, fonde plusieurs comptoirs, parmi lesquels Stanleyville (actuelle Kisangani) et Léopoldville (actuelle Kinshasa).
D’autres États, dont la France et le Portugal, ayant également des revendications territoriales sur le Congo, la conférence de Berlin, en février 1885, reconnaît la souveraineté du roi Léopold II sur une grande partie du bassin du Congo et un débouché de celui-ci sur la mer, scindant en deux l’Angola portugais.
Le nouvel État libre du Congo détient alors le monopole du commerce sur le caoutchouc et l’ivoire, et s’efforce de capter à son profit le commerce traditionnel. L’absence de moyens et de voies de communications pour exporter jusqu’à la mer les produits de la cueillette (le latex) incite les compagnies privées à développer le portage à dos d’homme. En 1897, la culture du coton et du cacao est introduite, ainsi que le travail forcé. Cette exploitation — et l’effroyable mortalité occasionnée par le portage — émeuvent l’opinion publique, et une campagne est lancée depuis le Royaume-Uni afin de dénoncer les abus du régime léopoldien. Elle a pour effet d’accélérer le processus de colonisation. En 1906, la production du cuivre a commencé dans le Katanga et, l’année suivante, des gisements de diamants sont découverts dans le Kasaï. En 1908, le Parlement belge vote l’annexion de l’État libre du Congo, qui, alors possession exclusive du roi des Belges, devient celle de la Belgique.
Au cours de la Première Guerre mondiale, les troupes congolaises combattent aux côtés des Alliés et conquièrent une partie du Tanganyika (actuelle Tanzanie) et le territoire allemand du Ruanda-Urundi, qui est placé sous mandat belge par la Société des Nations (SDN), en 1919.
L’industrie congolaise se développe considérablement au cours de la Seconde Guerre mondiale, contribuant à l’effort de guerre des Alliés par la livraison de cuivre et d’uranium, utilisé pour la fabrication des deux premières bombes atomiques. Le développement industriel se poursuit durant l’après-guerre. En 1955, alors que montent les revendications indépendantistes de l’Abako (Association des Bakongos), fondée cinq ans auparavant par Joseph Kasavubu, et du mouvement « Conscience africaine », créé en 1951, Baudouin Ier lance l’idée d’une communauté belgo-congolaise. Un plan est proposé par le gouvernement belge, qui prévoit de former les élites congolaises à l’administration.
Cependant, après l’interdiction d’une réunion de l’Abako, des émeutes éclatent à Léopoldville, en janvier 1959, le gouvernement belge annonce l’organisation d’élections locales, s’engageant à conduire le pays vers l’indépendance. Mais les dissensions entre les formations politiques se multiplient, les unes, tel le Mouvement national congolais (MNC) dirigé par Patrice Lumumba, défendant la constitution d’un État fédéral, les autres, tel l’Abako de Joseph Kasavubu ou, poussée par les intérêts miniers, la Conakat (Confédération des associations katangaises) demandant la création d’un État confédéral.
Une table ronde réunissant à Bruxelles les dirigeants des partis politiques congolais, les chefs coutumiers et les représentants du gouvernement belge, en janvier et en février 1960, fixe au 30 juin de la même année l’indépendance du Congo. La Loi fondamentale, qui est promulguée ensuite, ne tranche cependant pas la question du fédéralisme.
L’indépendance du Congo-belge et la prise du pouvoir par Joseph Kasa-Vubu (1960 – 1965)
En mai 1960, Patrice Lumumba — chef du Mouvement National Congolais (MNC) — remporte les élections législatives du Congo belge. Il devient ainsi le premier chef du gouvernement du jeune État congolais, cependant cède la présidence à Kasavubu, après la proclamation de l’indépendance, à Léopoldville, le 30 juin 1960.
Dès cette date, les violences se multiplient, tandis que les partis exclus du gouvernement contribuent également aux troubles et que les forces armées congolaises se révoltent. Afin de ramener le calme et de protéger les Européens toujours présents dans le pays, les forces belges demeurées sur le territoire sont renforcées par des troupes venues de Belgique. La population interprète ces opérations comme une tentative de retour de la puissance coloniale. S’ensuivent des actes de violence contre les Européens, à Léopoldville. Le désordre s’accroît lorsque, le 11 juillet, Moïse Tschombé proclame l’indépendance de sa province du Katanga avec l’appui de l’Union minière et demande l’aide militaire belge.
Répondant à l’appel du Premier ministre Lumumba, le Conseil de sécurité des Nations unies demande le retrait des Belges et décide d’envoyer des Casques bleus rétablir l’ordre au Congo. La force de l’ONU remplace progressivement les troupes belges, mais n’intervient pas directement. Lumumba se tourne alors vers les Soviétiques
Le 5 septembre 1960, le président Kasavubu annonce qu’il destitue Lumumba, lequel dépose à son tour Kasavubu. Cependant, l’armée congolaise dirigée par le colonel Mobutu, partisan de Kasavubu, prend le contrôle du gouvernement. Le 29 septembre, le président Kasavubu transfère son autorité à un gouvernement provisoire dirigé par Mobutu. Lumumba est incarcéré, puis assassiné le 17 janvier 1961, dans la province du Katanga, où il a été transféré. En janvier, le président Kasavubu forme un nouveau gouvernement provisoire composé de membres de l’ancien Parlement, avec Joseph Ileo pour Premier ministre, les partisans de Lumumba faisant de même à Stanleyville avec Gisenga.
Le 21 février 1961, le Conseil de sécurité autorise l’ONU à recourir à la force, afin d’éviter une guerre civile au Congo. À la fin de l’année, l’armée nationale congolaise et les troupes de l’ONU lancent une attaque militaire contre celles de Tschombé. Alors qu’il négocie un cessez-le-feu entre les troupes de l’ONU et les forces katangaises, le secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, trouve la mort dans un accident d’avion, dont les circonstances n’ont jamais été élucidées. En décembre 1962, les forces de l’ONU prennent le contrôle d’Élisabethville (aujourd’hui Lubumbashi). Tschombé prend la fuite et se réfugie à Kolwezi. Le 15 janvier 1963, il se rend et obtient l’amnistie pour lui-même et ses partisans.
Si la sécession katangaise a pris fin, la rébellion des lumumbistes se poursuit : en août 1964, Pierre Mulele et Gaston Soumaliot soulèvent l’est du Congo, les rebelles prennent Stanleyville (aujourd’hui Kisangani). Le gouvernement dépêche des troupes régulières, qui, appuyées par des mercenaires européens et sud-africains, tentent de reconquérir la ville. Devant la menace des rebelles d’exécuter des otages européens, des parachutistes belges, transportés par des avions américains, sautent sur Stanleyville qu’ils reprennent le 24 novembre. Jusqu’en 1968, la guérilla muleliste se manifeste, l’armée congolaise utilise à plusieurs reprises des mercenaires pour la réduire. Des maquis continuent cependant à subsister dans les massifs proches du lac Tanganyika — Laurent-Désiré Kabila participe à l’un de ces maquis, qui reçoit pendant quelques mois la visite de Che Guevara.
La prise du pouvoir par Joseph Mobutu Sese Seko (1965 – 1997)
Après l’échec d’un gouvernement de coalition, Mobutu prend le pouvoir fin 1965 et, ayant déposé Kasavubu, s’autoproclame président.
En 1966, il instaure un régime autoritaire de type présidentiel, s’appuyant sur un parti unique, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), entériné par une nouvelle Constitution l’année suivante. Les mines exploitées par des sociétés étrangères sont nationalisées. En 1970, Mobutu, élu pour un mandat présidentiel de sept ans, lance un vaste programme d’africanisation et de « retour à l’authenticité », à l’origine d’un conflit avec l’Église catholique, opposée à la déchristianisation des prénoms pour une reprise des prénoms traditionnels. En 1971, Mobutu décide de changer le nom du pays, qui devient le Zaïre, le nom du fleuve Congo, également Zaïre, celui des villes et du lac Albert qui est rebaptisé Mobutu (la partie ougandaise du lac conservant le nom du mari de la reine Victoria).
Les revenus du pays, toujours très dépendants de l’exportation du cuivre, diminuent considérablement à partir de 1974, la chute des cours provoquant une aggravation de la dette extérieure, au moment où la crise économique internationale consécutive au premier choc pétrolier touche le pays. En 1976, Mobutu est contraint de réintroduire les entreprises étrangères dans le pays.
Le président, malgré l’orientation autoritaire du régime, maintient toujours des relations étroites avec la Belgique et la France, qui, aux côtés du Maroc, interviennent en 1977, puis en 1978, pour contenir de nouvelles tentatives sécessionnistes du Katanga (alors appelé Shaba), les rebelles étant soutenus par l’Angola.
Après que le pays a abandonné, en 1986, le programme d’austérité conditionnant les prêts du Fonds monétaire international (FMI), le Zaïre sombre dans une crise économique qui alimente l’opposition au régime. En 1990 se multiplient grèves et manifestations de protestation contre la corruption gouvernementale, le pillage des ressources du pays par le président et son entourage, la violation permanente des droits de l’homme et l’absence d’expression démocratique. Mobutu, pressé par les pays occidentaux de démocratiser le régime, accepte la réunion d'une conférence nationale et légalise, en 1991, les partis de l’opposition. Mais la démocratisation demeure chaotique, le président s’opposant à la Conférence nationale instaurée pour élaborer une nouvelle Constitution. Jusqu’en 1994, aux coups de force du président — révocation autoritaire du Premier ministre Étienne Tshisekedi, opposant déclaré, suspension arbitraire de la Conférence nationale — répondent émeutes et manifestations violemment réprimées par la garde présidentielle de Mobutu. À partir de juin 1994, cependant, la situation s’améliore progressivement, avec l’accord conclu pour le partage du pouvoir entre le chef de l’État et le Haut Conseil de la république — parlement transitoire. Les élections programmées pour juillet 1995 sont cependant reportées.
La situation politique et sociale demeure, en effet, incertaine, et l’afflux, à partir de la fin de l’année 1994, de 1,5 million de réfugiés rwandais hutu (fuyant la reprise du pouvoir par les Tutsi du Front patriotique rwandais à Kigali en juillet 1994) à la frontière orientale du Zaïre contribue à aggraver les désordres internes. La situation se dégrade durant l’été 1996, quand l’armée zaïroise et les miliciens hutu, les Interahamwes, qui contrôlaient les camps de réfugiés s’allient contre les Tutsi Banyamulenges. Ces pasteurs guerriers, installés depuis les années 1930 au Kivu, ont combattu au Rwanda dans les rangs du FPR et veulent s’opposer à l’extension des cultures d’exportations sur leurs pâturages ; ils repassent la frontière avec l’armée rwandaise et infligent de sévères défaites à l’armée zaïroise. Les chefs militaires rwandais, notamment le général Paul Kagamé, veut régler la question des camps de réfugiés contrôlés par les responsables du génocide des Tutsi. À la mi-octobre 1996, les camps proches de la région de Bukavu subissent les attaques des rebelles tutsi zaïrois (les Banyamulenges) dirigés par un vétéran de la rébellion muleliste : Laurent-Désiré Kabila, reconverti dans le commerce de l’or et de l’ivoire dans les années 1980. Durant l’automne 1996, les réfugiés hutu refluent en masse vers le Rwanda. Face à ces déplacements de population se déroulant dans des conditions dramatiques, et après de multiples tergiversations, la communauté internationale n’intervient pas. Partant de la frontière orientale, la rébellion zaïroise, équipée et soutenue logistiquement par le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, progresse rapidement vers l’ouest, prenant les régions de Goma, Bukavu et Kisangani, ainsi qu’en direction du sud vers les régions minières du Katanga et du Kasaï où les compagnies minières négocient leur soutien à Kabila. Le mouvement, structuré autour de Kabila et de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) progresse très vite, occupant des régions abandonnées par les autorités. L’armée zaïroise, qui, à l’exception de quelques unités d’élites, ne reçoit plus de solde depuis des mois, se retire en pillant les villes sur son passage. Privé des régions utiles du Zaïre, le maréchal Mobutu ne peut réagir.
Après la chute de Kisangani et la destitution de Kengo Wa Dongo, le président Mobutu annonce la constitution d’un « comité de négociations ». Face à ce conflit qui prend peu à peu l’allure d’une guerre civile, dix-sept pays membres du « Mécanisme pour la prévention et la résolution des conflits » de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) organisent un sommet à Lomé en mars 1997. Un plan de paix reposant sur la cessation des hostilités et sur l’ouverture d’un dialogue politique est élaboré, mais il n’est pas appliqué. Sur le terrain, les forces de l’AFDL continuent leur progression en direction de Kinshasa. Parallèlement, les pressions internationales se multiplient, et devant l’aggravation de la situation humanitaire, les médiateurs des Nations unies, des États-Unis et de l’Afrique du Sud parviennent à organiser une rencontre entre Mobutu et Kabila. Elle se déroule le 4 mai 1997 à bord d’un navire sud-africain, mais les deux hommes campent sur leur position
La prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila (1997 – 2001)
Le 17 mai 1997, les troupes de l’AFDL entrent dans Kinshasa, et Kabila s’autoproclame président de la nouvelle République démocratique du Congo (RDC). Mobutu quitte le pays pour se réfugier au Maroc, où il meurt à Rabat en septembre la même année. Concentrant tous les pouvoirs, Laurent-Désiré Kabila se heurte à une forte contestation de la part des anciens opposants à Mobutu, écartés du pouvoir et dont il fait arrêter certains (Tshisekedi est mis en résidence surveillée), ainsi que des anciens mobutistes eux-mêmes.
Le comportement hégémonique des Rwandais qui ont aidé Kabila ne tarde pas à faire resurgir les sentiments nationalistes et anti-tutsi au sein de la population. En juillet 1998, Kabila renvoie plusieurs ministres, dont ceux d’origine rwandaise, et demande aux troupes étrangères ougandaises et rwandaises de quitter le territoire. En août de la même année, les Tutsi Banyamulenge, qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, se soulèvent et menacent de s’emparer de la capitale et du port de Matadi, tandis que le chef de guerre rwandais James Kabare chasse les troupes gouvernementales du Kivu et poursuit ses opérations contre les réfugiés hutu. Kabila demande l’aide du Zimbabwe, du Tchad, de la Namibie, du Soudan, et surtout de l’Angola qui, en sauvant Kinshasa, prend à revers ses propres rebelles de l'UNITA.
En février 1999, la situation se stabilise de part et d’autre de la rive droite de la Lualaba et du Congo jusqu’à la province de l’Équateur. Malgré une tentative de conciliation au Zimbabwe, les belligérants restent sur leurs positions. En revanche, Arthur Z’Ahidi Ngoma, « coordinateur de la rébellion » depuis 1998, puis Ernest Wamba dia Wamba, les principaux leaders congolais du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le mouvement rebelle, font défection, et l’Ouganda annonce qu’il commence à retirer ses troupes.
En juillet 1999, un cessez-le-feu est conclu à Lusaka (Zambie) par les six États (Angola, Namibie, Zimbabwe, RDC, Rwanda, Ouganda) impliqués dans le conflit, mais l’accord de paix n’est réellement signé que le mois suivant par les mouvements rebelles. Cet accord prévoit notamment le déploiement de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc), forte de 5 500 Casques bleus, chargée de vérifier le cessez-le-feu de cette guerre dans laquelle sont engagés plus de 40 000 soldats étrangers. La raison essentielle du conflit étant le contrôle des matières premières (diamants notamment) par groupes rebelles interposés, les belligérants campent sur leurs positions et, bien qu’alliés, en viennent parfois à s’affronter (combats renouvelés à Kisangani entre Ougandais et Rwandais). Le pillage des régions occupées et le climat de terreur que font régner les troupes d’occupation dans l’est du pays poussent, bien souvent malgré eux, les Congolais à se regrouper derrière le pouvoir de Kinshasa, tandis que l’ONU, dépourvue de moyens coercitifs, hésite à s’engager.
La prise du pouvoir par Joseph Kabila Kabange (2001 – à ce jour)
Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa dans des circonstances mal élucidées. Au lendemain de ses obsèques nationales, son fils, Joseph Kabila, est investi président de la République par le parlement provisoire réuni en session extraordinaire. Âgé de vingt-neuf ans, il a grandi à l’étranger, en Tanzanie et en Ouganda, avant de revenir dans l’ex-Zaïre en 1996. Formé militairement en Chine, il parle le swahili, le français et l’anglais. Dans son premier discours, il s’engage à restaurer la paix afin de relancer le processus démocratique. Pour obtenir un soutien international, il effectue des visites diplomatiques dans dix-huit pays. Manifestant sa volonté de renouveau, il forme un nouveau gouvernement en avril 2001 dont sont exclus les proches de son père et lève les restrictions sur les partis politiques en se prononçant pour la tenue d’élections au plus tôt.
Alors que le dialogue intercongolais se poursuit à la suite de l’échec des rencontres d’Addis-Abeba, en octobre 2001, l’éruption du Nyiragongo, dans l’est de la RDC, en janvier 2002, ravage plusieurs villages et la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu et de la rébellion prorwandaise), provoquant la mort de plusieurs centaines de Congolais. Fort d’une quasi-légitimité internationale, Joseph Kabila enregistre de nombreux progrès au cours de l’année 2002. Après le retrait officiel de toutes les armées étrangères (rwandaise, ougandaise, angolaise, namibienne et zimbabwéenne) entre l’été et l’automne 2002, le processus de paix et de réconciliation nationale connaît une avancée importante en décembre 2002, avec l’accord de Pretoria sur la transition en RDC. Finalisé en avril 2003 après de difficiles négociations, favorisées par le président sud-africain Thabo Mbeki, cet accord prévoit la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et la création d’une nouvelle armée nationale incluant les groupes d’opposition armés. Après la promulgation d’une nouvelle Constitution, Joseph Kabila forme en juillet 2003 un gouvernement de transition avec les représentants du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) d’Azarias Ruberwa et du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Mbemba, ainsi que de l’opposition politique non armée et de la société civile, le 1+4. Pour autant, les affrontements se poursuivent dans l’est du pays, nourris par des rivalités ethniques entre bandes armées. Le départ des troupes ougandaises est suivi de massacres interethniques entre milices Hema et Lendu autour de la ville de Bunia, en Ituri. Ce regain de violence entraîne le déploiement, en juin 2003, d’une force internationale dirigée par la France et mandatée par l’ONU afin de protéger la population civile. Celle-ci est remplacée quelques mois plus tard par un contingent de Casques bleus — les effectifs de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) comptent alors près de 17 000 soldats, ce qui fait de la Monuc la plus importante des missions de maintien de la paix menées par l’ONU.
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